Se tenait récemment la 11ème Université de la Communication de l’Océan Indien, l’occasion pour nous de faire un petit article sur la filière et démontrer l’enjeu de la filière TIC dans le développement de La Réunion.
Au-delà des visions économistes, géographiques, culturelles, sociales et autres qu’engendrent les TIC ; celles-ci revêtent des enjeux lourds car de plus en plus les collectivités territoriales affrontent des situations de pression et de tension.
Les TIC ne sont pas neutres de part leur usage et pratique et elles n’arrivent pas dans un espace neutre qui est déjà habité par des pratiques et des relations entre acteurs différents.
Les discours sur les TIC ont contribué à médiatiser le développement local puisque ces techniques ont souvent été appréhendées non seulement comme des éléments de renforcement des richesses locales et comme des éléments de déstructuration des territoires.
À La Réunion, les politiques considèrent que les TIC seraient des outils pouvant « désinsulariser » le territoire tout en étant des outils accompagnant des actions moins sectorisées par domaines (culture, aménagement du territoire, urbanisme, action sociale). La question qui se pose est de savoir comment se joue l’interdépendance entre des secteurs et des champs différents (TIC et culture, TIC et éducation, TIC et logement, TIC et économie locale) tout en valorisant la particularité réunionnaise dans son contexte européen et indo-océanique.
La stratégie de développement durable, le Plan Réunionnais de Développement Durable, élaborée par La Région, l’État et Le Département, dont l’objectif est de définir un nouveau modèle de développement à long terme, décrit les TIC comme étant un domaine d’activité stratégique (DAS) qui devra être « boosté» durant les décennies avenir. L’élaboration d’un plan de développement « autonome» local nécessite une rupture avec les pratiques sociales, économiques et politiques menées depuis la départementalisation de 1946 et suppose une implication forte de l’ensemble des acteurs socio-économique et de la population réunionnaise afin de tenter une transition vers une nouveau modèle de développement endogène.
Sans pour autant être la panacée, les TIC ne pourront à elles seules permettre la transition vers un modèle de développement endogène mais elles semblent être de bons moyens afin de jouer le rôle de catalyseur complémentaire pour accroître l’intensité des relations, au niveau local, et étendre, au niveau global, le champ d’intervention de La Réunion.
Amélioration et modernisation de la situation économique locale, multiplication des initiatives et de l’entrepreneurship, innovation, ouverture, mise en réseau des acteurs socio-économique, autant de critères qui nécessitent désintégrer les TIC à la société réunionnaise.
L’action volontariste et l’appropriation des TIC par la population réunionnaise peuvent laisser imaginer un nouveau dynamisme. Pour beaucoup, et notamment dans les discours politiques, ce sont les TIC qui créent le dynamisme économique pourtant c’est avant tout le dynamisme qui est mis en œuvre par chacun qui mène à un processus d’apprivoisement et de valorisation des TIC.
Tant que les principales différences et inégalités sociales et culturelles de la société réunionnaise (illettrisme - créolité - chômage) n’auront pas été traitées, l’appropriation et l’essor des TIC et leurs usages seront ralentis.
De nombreux freins viennent contrarier l’essor de ce secteur dans l’île : absence d’initiatives, méconnaissance des leviers financiers disponibles, « mentalité économique traditionnelle», manque de personnel qualifié pour développer les TIC, possibilités insuffisantes de coopération avec d’autres entreprises, organisations, centres de recherches, manque d’information sur les technologies pertinentes à intégrer dans l’organisation productive, nouvelles technologies progressant trop rapidement.
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